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Au Nom d'Allah, le Clément, le Miséricordieux
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Cheikh Ahmad Deedat
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Conférence effectuée suite à son voyage en Iran, le 3 mars 1982, par le Cheikh
Ahmad Deedat sur le sujet des Shiites et des Sunnites.
Cheikh Ahmad Deedat :
Je cherche refuge de Satan le maudit. Au Nom d'Allah, le Clément, le
Miséricordieux. Le Saint Coran dit : « Et si vous vous détournez, Il vous
remplacera par un peuple autre que vous, et ils ne seront pas comme vous. »
(Le Coran : Sourate 47, Verset 38).
Mr. le Président et mes frères : Alors que nous observons avec scepticisme le
miracle d'une nation renaissante, le décret inexorable d'Allah trouve sa
réalisation dans l'élévation et la tombée des nations qui est mentionnée dans
le Verset que je viens juste de vous lire de la Sourate « Mohammed ». Dans la
dernière partie du dernier Verset, Allah(SwT) nous rappelle, et nous avertit
que si vous vous détournez de vos devoirs et responsabilités, si vous
n'accomplissez pas vos obligations, alors Il vous remplacera pas une autre
nation. Nos frères parlant l'Urdu utilisent ces propos de façon si belle
lorsqu'ils décrivent quelque mésaventure qui se produit dans la communauté en
parlant au sujet d'une autre nation qui peut les remplacer. C'est une réalité
Coranique. Et ceci se produisit vraiment à travers l'histoire, encore et
encore. Allah(SwT) choisit d'abord les Juifs, les Bani Israël, comme Il le dit
dans le Saint Coran : « Ô enfants d'Israël, rappelez-vous Mon bienfait dont Je
vous ai comblés, [rappelez-vous] que Je vous ai préférés à tous les peuples
[de l'époque]. » (Le Coran : Sourate 2, Verset 47).
Cette faveur était qu'ils devaient devenir les porte-flambeaux du savoir de
Dieu pour le monde. Ceci était l'honneur, c'était le privilège qui avait été
donné en premier lieu aux Juifs. Mais du fait qu'ils ne remplirent pas la fin
de leur obligation, un Juif parmi les Juifs, Hazrat 'Issa(AS), comme rapporté
dans l'Evangile Chrétien, leur dit : « Voilà pourquoi je vous déclare que le
Royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à un peuple qui en produira les
fruits. » (Le Bible : Matthieu, 21 : 43). Et cette nation, nous admettrons
joyeusement que c'est la Ummah Islamique. Elle fut prise des Juifs et donnée
aux Musulmans.
Le privilège fut ensuite donné par Allah(SwT) aux Musulmans, parmi lesquels
les premiers étaient les Arabes, qui devinrent les porte-flambeaux de la
lumière et du savoir pour le monde, mais lorsqu'ils se relâchèrent et
échouèrent à porter en avant les fruits, Allah(SwT) les remplaça par une autre
nation. Dans l'histoire, nous nous souvenons des Turcs et des Mongoles
éliminés par l'empire Musulman, et lorsqu'ils acceptèrent l'Islam, ils
devinrent les porte-flambeaux de la lumière et du savoir pour le monde. Comme
Iqbal décrit merveilleusement cette situation : « Ô vous Musulmans, vous ne
périrez pas si l'Iran ou les Arabes périssent, car le spiritueux du vin n'est
pas dépendant de la nature de son récipient ». Le récipient est nos nations,
nos frontières et l'esprit de l'Islam n'est pas dépendant de nos frontières
géographiques ou des limitations nationales. C'est donc ce qu'Allah(SwT) fait
encore et encore ; Il choisit les Juifs, puis Il choisit les Arabes, puis
lorsqu'ils devinrent négligents, Il choisit les Turcs et lorsqu'ils devinrent
négligents, un autre peuple et ainsi de suite, et c'est un processus continu.
Si vous ne faites pas le travail, Allah(SwT) choisira un autre peuple qui le
voudra.
Aujourd'hui, il y a mille millions de Musulmans dans le monde, ce qui donne un
milliard dont nous nous vantons ! Et 90 pour cent de ce milliard sont de la
branche Sunnite. Nous avions arrêté de remettre les biens, alors Allah(SwT)
choisit une nation que nous méprisions tous. Les Iraniens ! Les Shiites !
L'histoire fut très dure pour nos frères en Iran dont le gouverneur était le
Shah, et son nom était Mohammed. Imaginez, le nom de cet homme était Mohammed
et vraiment, ce n'était pas un croyant. Cela est difficile pour nous
d'imaginer aujourd'hui, mais une fois que vous vous rendez à ce pays et que
vous entrez dans les détails et découvrez ce qui se passait ; que cet Iranien
que le Shah semble être est un étranger... Si Hitler conquérait cette terre et
l'oppressait, nous comprendrions alors. Si les Russes conquérait le peuple,
nous pouvons le comprendre. Mais voici que c'est un homme qui est un Iranien,
parlant le Persan, dont le nom était Mohammed ; et regardez ce vers quoi il
s'abaissait. Durant soixante ans, il avait interdit les prières du vendredi
(jumu'a). Soixante ans. Nous avions comparé l'Iran au Shah et le Shah à
l'Iran. Pour nous, ils étaient des termes synonymes. Mais lorsque vous rentrez
dans les détails, vous apprenez que le Shah et le peuple iranien étaient tous
deux séparés. Ils étaient en vérité étrangers l'un de l'autre.
Maintenant, concernant ma visite en Iran et mon impression. Commençons par le
lieu où j'eus le premier agrément de cette fraternité iranienne, et c'était à
Rome. Premièrement, je le sentis, puis certains de mes compagnons le sentirent
à l'aéroport de Rome. Nous attendions de prendre l'avion, et nous avions
quelques problèmes avec les visas, et la responsabilité de surmonter ces
problèmes avait été donnée à l'un de nos hommes. Il alla donc à l'office
aérien d'Iran et il parla de notre problème à une jeune femme portant le
vêtement Islamique complet, avec son corps bien couvert.
C'était magnifique, juste magnifique à voir. Et je veux dire que lorsque vous
regardez ces gens dans cette tenue, vous voyez que ce sont de magnifiques
personnes. Il y avait donc une dame à Rome ; et vous, frères, auriez du voir
la façon avec laquelle elle traita ces problèmes. Puis une personne vint vers
moi et me dit : « Si tu veux voir une vrai fille iranienne Musulmane, tu
devrais venir », et j'y allai et d'autres allèrent et nous vîmes. C'était le
premier parfum que nous avions eu de la communauté iranienne à Rome.
Lorsque nous atterrîmes en Iran, nous fûmes emmené à un hôtel cinq étoiles qui
était là avant la révolution, connu comme étant l'hôtel Hilton, mais il
portait maintenant le nom d'Hôtel Istiqlal. Puis nous fûmes emmenés dans les
environs. Des lieux intéressants. Je vais vous racontez certaines des choses
que nous vîmes et j'essaierai de décrire les sentiments que l'on y a. Si je
m'en souviens bien, la première chose que nous visitâmes était le cimetière
Behesht Zahra. « Behesht » signifie « paradis » en Persan et « Zahra » est le
titre de Fatima Az-Zahra(AS), qui était la fille du Prophète Mohammed(S). Et «
Zahra » signifie la « radieuse ». Il était donc nommé « le radieux paradis ».
Et avant d'arriver en Iran, j'avais vu au sujet du cimetière Behesht Zahra. Et
je me souviens que lorsque l'imam Khomeyni était arrivé à Téhéran, il avait
effectué une excursion au cimetière. Je songeais : pourquoi quelqu'un se rend
au cimetière ? Pour faire un du'a (invocation) ? Oui. Pour les âmes des
défunts ? Oui. Et lorsque vous pensez aux cimetières d'ici, en Afrique du Sud,
vous pensez à Brookstreet et Riverside. Vous ne pouvez imaginer que ce
cimetière est de plusieurs kilomètres carrés. Vous ne pouvez pas imaginer.
C'est un grand terrain ouvert où environ un million ou deux millions de
personnes peuvent être reçus. Et les gens se rassemblent ici, car c'est le
lieu le plus simple où les gens peuvent relâcher leur bagage émotionnel et
spirituel, car se trouvent ici les martyrs. Il y eut 70000 personnes, ou
environ, qui tombèrent en martyre dans cette révolution, et 100000 estropiés.
Des gens non armés avec seulement le slogan « Allahu Akbar » (Allah est le
Plus Grand) pour armes firent tomber la plus puissante force militaire du
Moyen-Orient.
Nous nous rendîmes donc à ce cimetière. Il y avait environ un million de
personnes. Il y avait des hommes, des femmes et des enfants, et nous étions
grandement inspirés par l'enthousiasme et le sentiment de nos frères et soeurs
d'ici. C'était la mi-hiver, et les hommes, les femmes et les enfants
s'asseyaient sur le sol froid durant des heures sans interruption. A la
mi-hiver, sur le sol, sans tapis ou chaises ! Une nation qui peut endurer
cette discipline durant des heures, vous pouvez imaginer quel destin
Allah(SwT) prévit pour eux. Un jour ou deux jours plus tard, sur mon
programme, je lus « cimetière Behesht Zahra », de nouveau. La première fois,
nous étions allé pour une conférence, mais nous avions vu les tombes, des gens
lisant des poèmes de tristesse et lisant des du'as, et je pensai que cette
seconde visite serait redondante. Pourquoi quelqu'un devait-il y aller une
deuxième fois ? J'avais vu ce qu'est un cimetière. Mais tous mes compagnons
étaient en train d'y aller, et je pensai que si tous les autres y allaient, ce
ne serait pas bien pour moi de rester à l'hôtel, me reposant, alors que tous
mes compagnons allaient dans ces bus pour un cimetière. Mais je m'y rendis et
je devins très joyeux. Et la seconde fois où je m'y rendis, c'était un jeudi
après-midi, et les jeudis, en Iran, sont comme les samedis pour nous. Des
dizaines de milliers de gens étaient dans le cimetière. C'était une coutume.
C'était comme l'aïd. Des dizaines de milliers de personnes étaient là, pour
quoi d'autre si ce n'est de charger leurs batteries spirituelles ? C'était un
rappel constant pour ne pas oublier. « Mon fils a donné sa vie pour l'Islam »
ou « mon père a donné sa vie pour l'Islam », et ils donnaient leur vie pour
l'Islam. Avec une telle sorte de système, tout jeudi est une injection
spirituelle et un rappel sur le fait qu'ils sont bien disposés à donner leur
vie pour l'Islam.
Il y avait un hôtel de ville qui recevait 16000 personnes, comparé au plus
grand hôtel de ville en Afrique du Sud qui est le Good Hope Center à Cape
Town, pour 8000 personnes. Il avait été construit par le Shah pour se vanter
de son « mythe aryen ». Il ne se vantait pas seulement car il était le
shahanshah ou le rois des rois, mais aussi parce qu'il était l'aryamehr, la
lumière des Aryens. Quelle est cette maladie aryenne ? Rappelez-vous d'Hitler
se vantant d'être Aryen car les Allemands sont Aryens. Et les Hindous se
vantant d'être Aryens. Si mon peuple, le peuple gujrati, n'était pas Musulman,
nous nous serions aussi vantés d'être Aryens. L'ancien Shah affirmait être la
lumière des Aryens et il construisit ce monument comme un hommage. Il
construisit un autre monument, dépensant des millions, pour commémorer son
ancêtre Cyrus le grand, un païen, un mushrik (polythéiste), et gaspillant la
richesse de cette nation pour ce projet. En 1984, il était supposé que les
Jeux Olympiques mondiaux aient lieu à Téhéran pour encore élever son ego. Dans
cette ville, nous vîmes de l'athlétisme, de la gymnastique et de l'acrobatie.
Malheureusement, nous, les Musulmans, sommes ici en Afrique du Sud comme la
méduse, c'est-à-dire que nous nous sommes rendus nous-mêmes en méduses. Nos
jeunes hommes ne participent pas dans ce genre d'activité. Qui fait ici de
l'athlétisme, de la gymnastique, de l'acrobatie ? Nous ne faisons pas cela
ici. Ce n'est pas pour nous. Qui court ? Vous savez, les jeunes gens, ici,
lorsque je les rencontre, je leur serre la main et ils sont comme des méduses.
Presque tout jeune homme que vous rencontrez en Iran apparaît être un athlète.
Ils font des sports selon une norme mondiale et cela fait se ressentir joyeux.
Ils ne sont pas en train d'exposer l'Iran. Ils ne parlent pas au sujet de
l'Iran : « nous sommes iraniens, nous sommes aryens » ; au lieu de cela, ils
parlent de l'Islam, de l'Islam, de l'Islam. Il n'y avait pas une seule fille
mi-nue, pas une seule fille qui était mi-nue ici. Si le Shah avait cette
méthode, s'il était en vie et l'organisait, il y aurait eu des filles à moitié
nues pour que toute personne la regarde et donne un banquet à ses yeux. En
Iran, toute chose est Islamique pour renforcer la morale des gens, élever les
hommes et les femmes par milliers.
Nous étions émus, nous étions émus de voir nos enfants, nous ressentions comme
s'ils étaient nos enfants, nos propres frères et soeurs, nous étions vraiment
très émus. Nous voyons ces choses comme si c'étaient des actions que nos
enfants peuvent faire. Puis nous passâmes par une parade militaire avec
différents groupes d'hommes iraniens, et il n'y avait pas de manque de
main-d'oeuvre. Vous savez, certaines personnes veulent aller aider nos frères
iraniens. Al-Hamdoulellah, il n'y a pas de manque de main-d'oeuvre, ils ne
veulent que les outils, et les armes. Si les Iraniens avaient les armes
militaires que les Israéliens avaient, tout le Moyen-Orient aurait été vite
affranchi de toute intervention étrangère. C'est une nation qui peut le faire.
L'esprit est là ; l'esprit du djihad et chaque homme et chaque femme de cette
nation. Il semble que toute la nation est impliquée dans la promotion de
l'Islam. Nous sommes en train de parler de 20 millions de personnes qui
peuvent entrer dans le champ de bataille. S'ils avaient les armes et les
matériaux, toute homme, toute femme et tout enfant pourrait se rendre faire le
djihad.
Puis nous visitâmes les prisonniers de guerre iraqiens. Comme vous le savez,
lorsque cette guerre commença, l'Iraq attaqua l'Iran. Tout le pays était
agité. L'Iraq sentit ce que les Juifs firent aux Arabes en six jours, alors
ils voulaient le faire aux Iraniens en 3 jours, et le monde entier pensait
qu'en une semaine, l'Iran allait être en miettes. Et savez-vous combien de
temps cela dura ? Cela dura un an et demi, et même plus. Au début, il y avait
vingt chances contre une contre eux en hommes et matériaux, et les Iraniens
modifièrent les tableaux et firent passer les chances à trois contre un,
toujours à leur encontre. Et ils étaient capables de les repousser. Ils
reprirent tout leur territoire et une colline nommée Allahu Akbar. Avant que
je ne vienne en Iran, le Dr. Kalim Siddiqui, de Grande-Bretagne, remarqua en
plaisantant : « Vous, les hommes, avez la moitié d'une chance de devenir
martyrs (shahid) ». C'était une plaisanterie et cela devint presque vrai.
Alors que nous sortions d'une vie sur le front de guerre, il y avait un champ
de tanks. Et nos jeunes hommes sortirent des bus et commencèrent à grimper
dans les tanks, prenant des photos pour montrer aux gens une fois de retour.
Puis un des tanks dans la cour sortit pour une démonstration d'entraînement
sur la manière dont il fonctionne, et soudain, nous entendîmes un coup de feu
et à distance, nous vîmes de la fumée venant de quelques endroits, et quelques
jeunes hommes furent effrayés et commencèrent à se cacher derrière les
buissons, et il advint que nous étions sous l'attaque des Iraqiens. Et des
bombes explosaient tout autour de nous, et Allah(SwT) nous protégea.
Rappelez-vous que Khaled avait dit que nous avions la moitié d'une chance de
devenir des martyrs ; cela devint même une chance entière. Nous rendîmes
visite aux blessés de la guerre et aucun ne se plaignait de ce qui leur était
arrivé. Un homme avait la jambe amputée, et il n'y avait pas de larmes ; je ne
vis jamais une larme de quelqu'un, et ils demandaient s'il était possible de
retourner au front. Leurs regrets n'étaient pas concernant leurs blessures,
mais sur la raison pour laquelle ils ne pouvaient retourner combattre au front
et devenir shahid (martyr), ce qui est ici l'ambition de tout Musulman.
Nous rendîmes visite aux prisonniers de guerre ; les Iraniens avaient capturé
7000 prisonniers de guerre et ils semblaient être en bonne santé, bien
habillés et bien nourris. Un de mes amis était intéressé à connaître
premièrement ce que les prisonniers iraqiens ressentaient concernant leur
condition. Et toute personne qu'il interrogea dit qu'elle était très bien
soignée. Alors j'eus une idée. Certains étaient là depuis plus d'un an et
d'autres depuis quelques mois, et je me demandai combien de personnes
s'étaient suicidées. J'interrogeai chaque groupe de prisonniers de guerre et
demandai à chaque groupe combien de personnes avaient commis un suicide. Ils
dirent « pas un ». Puis je demandai au prochain groupe et ainsi de suite. Pas
une seule personne ne s'était suicidée parmi les 7800 prisonniers de guerre.
Et si nous regardons notre soi-disant pays occidental civilisé d'Afrique du
Sud, 46 personnes se suicidèrent dans nos prisons cette année seulement, et
elles sont bien nourries, bien habillées, ont leurs propres cellules et 46 se
suicidèrent jusque là. Et si les gens ne sont pas bien traités, certains
voudront trouver une issue facile, mais il n'y eut pas une seule personne qui
commit un suicide parmi les 7800 prisonniers de guerre.
Nous rendîmes visite à l'imam, l'Ayatollah Ruhollah Mussawi Khomeyni. Environ
quarante d'entre nous attendaient l'imam et l'imam arriva et était à environ
quarante mètres de là où j'étais, et je vis l'imam. Il effectua la conférence
pour nous durant environ une heure, et ce n'était rien d'autre que le Coran ;
l'homme est comme un Coran informatisé. Et l'effet électrique qu'il avait sur
toute personne, son charisme, était surprenant. Vous regardez juste l'homme et
les larmes descendent sur votre joue. Vous le regardez juste et vous obtenez
des larmes. Je ne vis jamais un si bel homme âgé de ma vie ; la photo, la
vidéo et la télévision ne pouvaient rendre justice à cet homme, et le plus bel
homme âgé que je vis dans ma vie était cet homme. Il y a aussi quelque chose
d'unique dans son nom. Premièrement, il était appelé « imam Khomeyni ». Le mot
« imam » est pour nous un terme très bon marché. Où que nous allons, nous
demandons qui est ici l'imam de la mosquée. Pour les Shiites, il n'y a qu'un
Imam dans le monde et c'est le douzième Imam ; ils croient au concept de
l'Imamat et au fait que l'Imam est le guide spirituel de la Ummah
(communauté). Et le premier Imam, selon l'école Imamite, est Hazrat 'Ali(RA).
Puis vient l'Imam Hassan qui est le second Imam, l'Imam Hussayn, le troisième
Imam, jusqu'au douzième Imam, l'Imam Mohammed, qui disparut à l'âge de 5 ans,
et ils attendent son retour. Ils utilisent le terme « occultation » pour
quelque chose comme une hibernation spirituelle tels que les As-hab Al-Kahf.
Et il est prévu qu'il revienne et il est le seul dans le monde qui peut être
appelé Imam. La plupart de leurs savants sont des mollahs, et Ayatollah
signifie Allamah, et l'Ayatollah Khomeyni est appelé imam par respect, mais
ils attendent la venue du vrai Imam.
Ruhollah est le nom que son père lui donna, et savez-vous ce qu'il signifie ?
Ruhollah veut dire « la parole de Dieu »(1) et c'est le titre de Hazrat
'Issa(AS) dans le Coran. Puis il est Ayatollah, qui est un autre titre de
Hazrat 'Issa(AS) dans le Coran. Al-Mussawi est de la famille de Moussa et de
la ville de Khomeyn, qui est l'endroit d'où vient son dernier nom Khomeyni...
(Coupure dans le fichier audio). Mais ils attendent le Mahdi, et non pas
Khomeyni. Ils veulent nettoyer les étables et préparer l'arrivée du Mahdi.
Dans le monde Sunnite, nous attendons aussi la venue du Mahdi, mais nous
voulons qu'il nettoie les étables pour nous, nous rende maîtres du monde et
nous fasse asseoir sur les trônes.
Il y avait beaucoup de gens du monde entier avec nous. Et j'ai trouvé des
types et des types et des types de gens malades, une maladie qui est mentale.
Je tombai sur un 'alim (savant) du Pakistan, Mauna Sahib, et il pensait qu'il
y avait quelque chose qui n'allait pas avec nos frères Shiites. Vous voyez, en
Iran, lorsque quelqu'un fait une conférence et que le nom « Khomeyni » est
mentionné, les gens s'arrêtent et tout le monde dit duroud sur le Prophète(S)
trois fois. Mais lorsque le nom « Mohammed » est mentionné, ils envoient
duroud une fois. Et ce 'alim du Pakistan dit : « Regarde ces gens, juste
regarde-les. Quel genre de Musulmans sont ces gens ? Lorsque le nom "Mohammed"
est mentionné, ils envoient duroud sur le Prophète(S) une fois, mais lorsque
le nom "Khomeyni" est mentionné, ils envoient duroud sur Khomeyni trois fois
». Je dis : « Que disent-ils, que disent-il dans ce soi-disant "duroud sur
Khomeyni" ? ». Il dit : « Que la Paix soit sur Mohammed et la famille de
Mohammed ». Je dis : « Qui est Mohammed ? Khomeyni ? Qui nomma Khomeyni comme
Mohammed ? Leur duroud est sur le Prophète Mohammed(S) et tu dis que c'est sur
Khomeyni. ». Vous savez, c'est une maladie. Il y a beaucoup de personnes
savantes, mais leurs esprits sont très corrompus. Ils ne font que regarder les
fautes.(2)
1 Note du traducteur : « Ruhollah » pourrait être traduit par « Esprit de Dieu
».
2 Ô les croyants ! Quiconque vous apostasie de sa religion... Allah va faire
venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime, modeste envers les croyants et fier
et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d'Allah, ne
craignant le blâme d'aucun blâmeur. Telle est la grâce d'Allah. Il la donne à
qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient. (Le Coran : Sourate 5, Verset
54)
Un autre exemple est que les frères Shiites, lorsqu'ils font la prière
(salat), ont un morceau d'argile (turba) sur laquelle ils font la
prosternation (sajda). Et il dit : « Regarde ce qu'ils font là. Ceci est du
shirk (associationnisme). Ils sont en train d'adorer un morceau d'argile. ».
Je dis : « Pourquoi ne demandes-leur tu pas pourquoi ils placent leurs fronts
sur un morceau d'argile et n'apprends-tu pas la logique derrière ceci ? ».
Vous voyez, la première fois que j'eus l'expérience de ceci était à Washington
D.C. ; les étudiants iraniens m'y avaient invité pour y effectuer une
conférence, à l'université où ils étudiaient aux Etats-Unis. A ce moment, ce
fut l'heure du 'isha et nous accomplîmes la prière. Et il fut donné un morceau
d'argile à toute personne. A l'époque, je pensai que cela était étrange ; je
le mis alors de côté et fis ma prière avec les étudiants iraniens. Et après la
prière, je voulus savoir au sujet de ceci et je leur demandai : « Pourquoi
portez-vous cette tablette d'argile où que vous allez dans votre poche ? ».
Ils dirent : « Nous sommes supposés faire le sujoud sur la terre d'Allah avec
nos fronts touchant la terre. Nous disons "sub-hanna rabi Allah" trois fois
avec nos fronts touchant la terre ». Les Shiites veulent en réalité toucher la
terre avec leurs fronts et non pas un tapis fabriqué par l'homme. Ils veulent
être fidèles à l'expression de la prière avec le front touchant réellement la
terre d'Allah. Vous voyez, ils n'adorent pas la tablette d'argile comme
beaucoup pensent à tord. Et ceci est toujours une chose dont nous, Sunnites,
nous moquons et nous nous moquons des Shiites, mais sur mon chemin de retour
de Téhéran, dans l'avion, dans l'allée, se trouvaient deux Shiites et lorsque
l'heure de la prière vint, l'un d'entre eux prit sa tablette d'argile de sa
proche et, Allahu Akbar, accomplit la prière ici, dans l'avion, à sa place, et
lorsqu'il finit, il donna ceci à son voisin et il accomplit la prière. Et ceci
peut paraître être une plaisanterie pour nous. N'est-ce pas ? Et il y avait
des douzaines de Sunnites dans l'avion et parmi ces douzaines de Sunnites,
seulement un jeune homme accomplit la prière, et je vous dis que ce jeune
homme n'était pas moi. Mais nous rions de l'autre personne. Il est assis là et
fait quelque chose de mieux que nous et nous nous moquons d'eux et posons un
jugement. Il n'est pas aussi "civilisé" et raffiné que nous sommes en Afrique
du Sud.
Vous savez, nous, les Musulmans en Afrique du Sud, sommes très "polis" et
raffinés dans notre prière. Les Arabes ne sont pas comme nous, les Iraniens ne
sont pas comme nous, les Américains, les Noirs ne sont pas comme nous. Avec
les Arabes, vous vous inclinez au ruku' et la personne près de vous vous
pousse pour faire de l'espace. Qui sait, frères, peut-être est-ce valide, nous
ne savons pas. Vous savez, entre les quatre madh-habs Sunnites, les Hanafites,
les Hanbalites, les Malikites et les Shafi'ites, il y a plus de deux cents
différences dans la prière seulement. Saviez-vous cela ? Deux cents. Mais nous
les prenons pour un don. Les Shafi'ites disent « amine » à voix haute et nous
le disons en silence ; ils disent « bismillah » à voix haute, nous le disons
en silence ; et il n'y a pas de problème là-dedans. En étant enfant, mon père
répétait la célèbre formule qu'il avait à son tour apprise de son père : «
Tous les madh-habs sont pareillement valides et la vérité pour eux est dans le
hadith et le Coran ». Alors nous l'acceptons. Quand c'est au sujet des
Shafi'ites, des Hanbalites, des Hanafites et des Malikites, nous sommes
tolérants, mais lorsque cela arrive aux Shiites, vous voyez, ils ne sont pas
dans la formule que l'on nous enseigna étant enfant, alors nous ne pouvons
tolérer toute petite particularité existant entre nous et eux, et nous les
rejetons ; cela est du fait que nous sommes programmés à croire en les quatre
[écoles] seulement. Mais nous acceptons les particularités entre les quatre
[écoles]. Je dis : « Pourquoi ne pouvez-vous pas accepter les frères Shiites
en tant que cinquième madh-hab ? ». Et la chose étonnante est qu'ils vous
disent qu'ils veulent être l'un d'entre vous. Ils ne parlent pas au sujet
d'être Shiite. Ils crient : « Il n'y a ni de Sunnite ni de Shiite, il y a une
chose, l'Islam ». Mais nous leur disons : « Non, vous êtes différents, vous
êtes Shiites ». Cette attitude est une maladie du diable. Il veut nous
diviser. Pouvez-vous imaginer que nous, les Sunnites, sommes 90% du monde
Musulman, et que les 10% qui sont des Shiites veulent être des partenaires et
des frères en foi avec vous, et les 90% sont terrifiés ? Je ne peux comprendre
pourquoi vous, les 90%, devriez être terrifiés. Ils devraient être ceux qui
sont terrifiés. Et si seulement vous connaissiez les sentiments qu'ils ont
pour vous !
Durant les prières du vendredi (jumu'a) en Iran, il y a un million de
personnes. Et vous devriez voir la façon avec laquelle ils vous regardent
lorsque vous passez ; ils reconnaissent que vous êtes un étranger et non pas
l'un d'entre eux, et des larmes commencent à rouler sur leurs joues. C'est le
sentiment qu'ils ont pour vous, mais vous dites « non », vous voulez les
garder à l'extérieur, de crainte qu'ils vous passeront dessus. Vous ne pouvez
vous faire passer dessus que s'il y a une chose meilleure que ce que vous
avez. Je ne sais pas, peut-être certains d'entre vous pensent que je suis un
Shiite, mais je suis encore ici avec vous tous. Que sont toutes ces tensions
entre les Shiites et les Sunnites ? C'est tout de la politique. Ces
antagonismes que nous avons sont tous de la politique, maintenant. Si un frère
Sunnite fait quelque chose de mauvais à un endroit, vous dites : « Oh, la
personne n'est pas très Islamique, c'est un kafir (mécréant) ». Mais si un
Shiite fait quelque chose de mauvais, vous voulez condamner toute la
communauté Shiite, toute la nation de millions de personnes, et dire qu'ils
sont tous des déchets, juste parce que les actions d'un Shiite ne sont pas
très Islamiques. Au même moment, nous regardons de l'autre façon si un de vos
parents fait quelque chose de sérieux, parce qu'il est votre père ou votre
oncle. Un groupe de Sunnites dit à un autre : « Vous n'êtes pas un Musulman »,
un autre groupe de Sunnites dit : « Vous n'êtes pas un Musulman, vous êtes un
kafir ». Observez cela parmi nous ; et nous nous battons entre nous. Et
certains d'entre nous font des choses étranges.
Je rencontrai un frère qui me dit : « Lorsque tu vas à Newcastle, rends visite
à Mr. Untel et alors in sha Allah, il sera entièrement pris soin de toi ». Je
me rendis donc à l'homme et exactement comme l'on m'avait dit, il m'emmena
chez lui pour le repas et lorsque je fus assis à table, je vis burat sur le
mur ; savez-vous ce que burat est ? Un âne tel qu'un animal avec le visage
d'une femme ; cela est supposé fournir une force électrique. Je lui dis que ce
n'était pas correct. Allah(SwT) créa la force électrique. Vous ne pouvez pas
la créer avec la statue d'un âne avec le visage d'une femme. Il était très
contrarié. Mais c'est un Sunnite ; c'était un frère et est toujours mon frère.
Ces tensions entre Sunnites et Shiites sont le travail du diable pour nous
diviser.
Permettez-moi de dire quelque chose au sujet de l'Iran. Ce que je trouvai
était que tout était orienté selon l'Islam. Toute la nation est gérée en
direction de l'Islam. Et ils ne parlent de rien d'autre que du Coran. Je n'eus
jamais une seule expérience avec un Iranien où l'homme me contredisait lorsque
je lui parlais au sujet du Coran. Tandis que nos frères arabes, encore et
encore, vous leur citez le Coran et ils essayent de vous contredire avec le
Coran. Ils sont arabes, ils sont supposés connaître le Coran mieux que nous,
mais les Iraniens semblent être sur la longueur d'onde du Coran. Toute chose
qu'ils font, toute chose au sujet de laquelle ils pensent est le Coran.
Vous vous souvenez de Tabas, lorsque le peuple américain voulait que les
otages soient libérés. La plus puissante nation la plus technologiquement
avancée sur la Terre, une nation qui peut débarquer un homme sur la Lune et le
ramener, une nation qui vous dit la partie de la Lune sur laquelle ils vont
débarquer et d'où ils vont être ramenés, ils envoient des sondes sur Mars et
Jupiter. Une nation qui prévint le Pakistan de la tragédie d'une énorme vague,
et ils ne firent pas attention à l'avertissement. Ils prévinrent les
Israéliens en 1973 que les Arabes étaient en mouvement, ils ne firent pas
attention au mouvement. Cette nation ne put débarquer en Iran. Imaginez : ils
vinrent ici avec leurs hélicoptères et s'écrasèrent et moururent. Imaginez.
Une nation qui débarque sur la Lune et revient ne peut débarquer en Iran. Et
le peuple iranien n'était pas en position de leur faire quelque chose. Les
Américains auraient pu y aller et sortir les gens, même s'ils perdaient
quelques hommes. Ils auraient pu parvenir à leurs objectifs. C'était très bien
planifié. Mais vous savez ce qui se passa ? Fiasco, retraite échouée ; il fut
dit ce qui s'était passé à l'imam Khomeyni. Il ne dit pas « Sub-hanAllah », il
ne dit pas « Al-hamdulellah » ; savez-vous ce qu'il dit ? Il cita le Coran : «
N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l'Eléphant ? »
(Le Coran : Sourate 105, Verset 1). Voici les mots qui sortirent de lui. Je
vous dis, il est un ordinateur coranique.
Savez-vous comment ils appellent ces grands hélicoptères ? Des hélicoptères
Jumbo, et ces grands avions sont appelés des avions Jumbo. Vous savez ce que «
jumbo » signifie en Swahili : Eléphant. C'est un terme swahili. C'est de là
qu'ils prirent le nom. Ces hélicoptères de la taille d'un éléphant partirent
alors et l'imam dit : « N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les
gens de l'Eléphant ? N'a-t-il pas rendu leur ruse complètement vaine ? » (Le
Coran : Sourate 105, Versets 1-2).
Mais nous sommes si sceptiques, le monde Musulman est devenu si sceptique que
nous ne croyons plus au Coran. Vous ne croyez pas vraiment au Coran ; pour la
plupart des gens, tout est pour le divertissement, pour les bons sentiments
spirituels que vous obtenez en récitant le Saint Coran. Mais les directives
qu'Allah(SwT) donne, personne ne semble s'en soucier. Qu'Allah(SwT) fasse que
ces frères des nôtres soient aujourd'hui les porte-flambeaux et la lumière
d'apprentissage pour le monde Musulman. Et voici une nation disposée à
accomplir le travail. Lorsque vous les regardez, le sérieux qui est en eux,
une nation qui n'a pas peur, lorsque vous les regardez avec l'enthousiasme
qu'ils ont... Ils n'ont pas peur de dire « marg bar Amrika » (Mort aux
Etats-Unis). Puis ils disent « marg bar Shuravi » (Mort à l'URSS). Imaginez
cela ! Et « Mort à Israël ». Pouvez-vous imaginer une nation faire cela et ne
pas du tout avoir peur. Ceci n'est pas l'esprit Islamique qui est en nous ici,
mais les Iraniens le sont tous coeur et esprit. Ils ne disent pas « Ceci est
une révolution iranienne » ou « Nous sommes Iraniens ». Ils parlent de
l'Islam, d'une Révolution Islamique. Ce n'est pas une révolution iranienne,
mais c'est une révolution Islamique. C'est une révolution pour l'Islam ; et on
peut se demander pourquoi les nations du monde ne peuvent la dévorer, car
c'est l'Islam qu'ils ne peuvent dévorer. Ainsi, mes chers frères et soeurs,
j'ai tant pris de votre précieux temps. Et avec ces mots, je prends congé de
vous pour m'asseoir et pour prendre vos questions.
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